IAM Canada – Les spécialistes des soins aux clients de SkyCharter ratifient leur toute première convention collective

Une étape importante a été franchie pour les spécialistes des soins aux clients (CCS) de SkyCharter FBO à Toronto, qui ont ratifié leur toute première convention collective avec l’IAM.

Le 4 novembre 2025, le Conseil canadien des relations industrielles (CCRI) a accrédité l’IAM à titre de représentant syndical des CCS. Après avoir épuisé les processus de conciliation et de médiation et obtenu un solide mandat de grève de la part des membres, l’IAM et SkyCharter sont parvenus à une entente de principe, qui a été ratifiée à l’unanimité par les membres.

La nouvelle convention collective d’une durée de trois ans est rétroactive à la date de l’accréditation et apporte des gains importants aux membres. Les employés qui étaient en poste au moment de l’accréditation recevront une rétroactivité salariale. L’entente prévoit également des augmentations salariales annuelles, une amélioration importante pour des travailleurs et travailleuses qui ne bénéficiaient pas auparavant d’augmentations annuelles garanties par l’employeur. Les membres recevront également une prime de signature de 350 $.

La convention collective prévoit d’importantes améliorations aux salaires, aux avantages sociaux, aux horaires et aux conditions de travail, notamment :
1) Amélioration du congé de deuil, avec cinq jours payés suivant le décès d’un conjoint ou d’un enfant, comparativement à trois jours auparavant.
2) Une rémunération à 1,5 fois le taux régulier pour les pauses-repas interrompues.
3) Les heures supplémentaires rémunérées à 1,5 fois le taux régulier.
4) Un minimum garanti de quatre heures de travail en heures supplémentaires lorsqu’un employé est rappelé au travail, comparativement à trois heures auparavant.
5) La création d’une banque de 40 heures de travail en heures supplémentaires.
6) Des jours fériés supplémentaires, notamment le jour de la Famille et l’anniversaire de naissance des employés.
7) Une indemnité de présence aux fonctions de juré sans maximum.
8) Dix jours payés de congé médical ou de maladie accordés chaque année le 1er avril.
9) La possibilité de prendre des journées de vacances individuelles.
10) Des protections contre la sous-traitance du travail effectué par les membres de l’unité de négociation.
11) Une prime de 2 $ l’heure pour les chefs d’équipe.

Cette première convention collective représente une réalisation importante pour les CCS de SkyCharter FBO. Elle démontre la force des travailleurs et des travailleuses qui s’unissent, restent solidaires et négocient collectivement pour obtenir de meilleurs salaires, de meilleurs avantages sociaux et de meilleures conditions de travail.

Déclaration du syndicat de l’IAM au Canada sur la décision du gouvernement du Canada de se retirer de l’accord commercial Canada–États-Unis

David Chartrand, vice-président général canadien du syndicat de l’IAM au Canada, a publié la déclaration suivante au sujet de la suspension des négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis :

Le gouvernement fédéral a eu raison de mettre fin aux négociations, car ce qui était sur la table aurait maintenu des tarifs douaniers qui ne servent qu’à exercer des pressions, tout en obligeant le Canada à céder sur des décisions qui relèvent légitimement des Canadiens. Un accord à ces conditions aurait coûté beaucoup plus cher à notre pays au cours de la prochaine décennie que le combat que nous menons aujourd’hui.

Nos membres construisent et entretiennent des aéronefs, transportent des passagers et du fret, et travaillent dans les secteurs de la fabrication et de la défense, ce qui les place directement sur la trajectoire de ce qui s’en vient. Dans l’aérospatiale, les composants traversent la frontière plusieurs fois avant qu’un aéronef soit terminé; un tarif de cette ampleur ne s’applique donc pas une seule fois avant de disparaître, il s’accumule à chaque étape et touche chaque travailleuse et travailleur de cette chaîne. Ces tarifs ne sont pas payés par ceux qui les ont conçus; ils sont payés par les travailleurs et les travailleuses dont les heures sont réduites, par les familles qui composent déjà avec la hausse des coûts et par les communautés bâties autour d’une seule usine ou d’un seul hangar.

Il existe un deuxième coût dont on parle beaucoup moins, et c’est l’incertitude elle-même. Une entreprise qui décide aujourd’hui où implanter un programme aérospatial ou de défense prend un engagement qui durera quinze ou vingt ans; lorsque la politique commerciale américaine change toutes les quelques semaines, le travail est dirigé vers les endroits où le terrain est plus stable. Une fois qu’un programme quitte ce pays, il ne revient pas au cours d’un cycle économique.

Nous appuyons la décision du gouvernement fédéral de répondre à ces mesures de façon équivalente, mais les contre-mesures, à elles seules, ne constituent pas un plan pour les personnes qui en subiront les effets. L’assurance-emploi doit être plus facile d’accès et durer assez longtemps pour soutenir les travailleurs et les travailleuses pendant une perturbation de cette durée; le travail partagé et les mesures de soutien salarial doivent être élargis avant que les ralentissements temporaires ne se transforment en mises à pied permanentes; et toute aide versée aux employeurs devrait être assortie de conditions fermes afin de maintenir les emplois et la production au pays. C’est aussi le moment de faire travailler les marchés publics fédéraux et les dépenses de défense ici même, avec des retombées industrielles garanties et avec l’entretien, la réparation et la révision effectués par des travailleurs et des travailleuses canadiens plutôt qu’envoyés au sud de la frontière.

Le gouvernement fédéral ne peut pas porter ce fardeau seul. Les provinces détiennent les leviers qui déterminent si un employeur ciblé peut rester ouvert pendant une période difficile, qu’il s’agisse d’allégements de charges salariales, de fonds de formation ou des conditions attachées à leurs propres marchés publics, et elles devraient les utiliser dès maintenant plutôt que d’attendre de voir combien de temps cette situation durera. Le travail dans l’aérospatiale et la fabrication est concentré dans un petit nombre de communautés, et lorsqu’une usine ferme, elle entraîne aussi vers le bas le réseau de fournisseurs qui l’entoure. Chaque ordre de gouvernement a un rôle à jouer, et les travailleurs et les travailleuses jugeront chacun d’eux selon que l’aide arrive pendant qu’il est encore possible de sauver les emplois.

Nos membres sont prêts à traverser une période difficile, et nous nous attendons à une réponse à la hauteur de ce qu’on leur demande de porter. L’IAM continuera de faire valoir ce message auprès du gouvernement fédéral jusqu’à ce qu’il y réponde.